Bilan sur la répression du mouvement du "10 septembre" à Chambéry

Quelques mois après le mouvement social du 10 septembre, Solare 73 tenait à faire un retour à froid sur la répression locale de ce mouvement qui, par bien des aspects, est assez emblématique de la fuite en avant répressive de l'état français face à la colère sociale.

Le mouvement du 10 septembre est une mobilisation nationale, une fronde sociale contre d'énième régression (budget antisocial de bayrou, suppression de jour férié, etc ...) instillé par les réseaux sociaux. Organisé sur chambéry par une suite d'assemblée générale avant d'être rejoint par les organisations politique/syndicale classique, ce mouvement compte quelques succès [0] comme de grosse manifestation, des actions de blocage efficace rendu possible par une certaine mobilité.

Répression "légale"

Arrêtés contre les équipements de protection
Des arrêtés préfectoraux contre les équipements de protection des manifestants ont été posés à chaque journée de mobilisation combatives (le 10/09 [1], le 13/09 [2], le 18/09 [3], le 02/10 [4]). La systématisation de cette pratique est une première à Chambéry. 
 
Selon Amnesty International, le fait d'interdire l'usage d'équipement comme des lunettes de protection ou du sérum physiologique est contraire au droit international. [5
L'objectif pour la préfecture est d'avoir une justification légale pour les contrôles, prises d'identités et arrestations.
Arrêtés autorisant les drones
Egalement une première dans le cadre d'un mouvement social et syndical à chambéry, un arrêté autorisant l'usage de drone autour de aéroport de Chambéry et de ses voies d'accès le 18/09 [6] a été déposé. Ce document cite un périmètre dans une annexe qui n'est pas fourni.
Un collectif national a lancé plus d'une centaine de recours contre l'état et les préfectures sur l'usage abusif de drone. [7]
 
 
Ces arrêtés, passés en catimini et publiés tardivement la veille pour le lendemain, voire le jour même, sont impossible à contester dans ces conditions.

Contrôles d'identitévérification au poste et convocation
On note une augmentation des controles d'identité et des vérifications au poste pour contrecarrer les stratégies collectives d'anonymisation (particulièrement le 13/09). Sur ce mouvement sociale, ces contrôles n'ont pas été suivi de répression judiciaire (autre que des amendes) pour l'instant
 
Suite au blocage du lycée Monge, un lycéen mineur a été convoqué en décembre pour une audition qui a eu lieu une semaine plus tard au commissariat de la police nationale de Chambéry en présence d'un des parents.
 

Répression financière contre les actions de blocages, les lycéen-nes et les vélorutions

A notre connaissance, la contravention de lycéen-nes et de personnes mobilisées sur des actions de blocages est une nouveauté sur Chambéry.
 
Un certain nombre d'amendes ont été distribuées le mercredi 10/09 : 
- 3x160€ d'amende pour des lycéens sur un blocus à Vaugelas (usage de pétard)
- 2x90€ + 25€ pour un camionneur solidaire des blocages
 
Le samedi 13/09 : 
- amende de 90€ contre un participant de la vélorution pour avoir roulé sur un trottoir

Répression physique

Entre lacrymos, tirs de flashball et coup de matraque, ce niveau de violence montre une radicalisation de la répression policière à Chambéry dans la cadre de mouvement social.

LBD 

Le 10 septembre, dans un communiqué mensongé, la préfecture de la Savoie revendiquait fièrement plusieurs tirs de LBD, en réaction à de soit disant jets de projectiles contre la police sur la VRU. Pour rappel le Lanceur de Balle de Défense (LBD40) est une arme dite "non létale" dont les dégats, largement documentés, peuvent engendrer des mutilations grave, voir la mort. [8]

Lacrymogènes & matraques

Le 13 septembre, contre une action de blocage, une trentaine de flics de la BAC et de la police nationale ont chargé violement sans sommation, sans négociation, des personnes mobilisées sur un point de blocages. Un usage largement disproportionné de la force envers des militant·es pacifiques à coup de matraque et de lacrymos.
En résultera 2 personnes blessées, avec respectivement, 5 et 2j d'ITT, notamment une arcade qui a nécessité des points de suture. Cela montre que des coups ont été portés à la tête, ce qui est totalement illégal.
On notera également une course poursuite au sein des halles de Chambéry où les flics ont bousculé client-es et commerçant-es, provoquant un début de mouvement de foule pour effectuer quelques contrôles d'identité.

Des flics aux ordres

A plusieurs reprises nous avons pu voir la commissaire divisionnaire Emmanuelle Oster faire du zèle. En tant que, directrice départementale de la sécurité publique de la Savoie, son rôle n'est pas de faire la "circulation" devant un point de blocage. 
Bousculant manifestant·es pacifiques de la vélorution, intenable et retenue par ses collègues sur un blocus lycéen bon enfant. Une volonté politique d'un des plus haut échelon de la police de Savoie de casser du "jeune" et du "gaucho" ? 
 
La répression de l'action du 13 septembre a clairement été une manière de faire écho aux ordres du ministre de l'intérieur Retailleau qui appelait à la répression féroce de ce mouvement [9].  Nous mettons la préfecture devant ses responsabilités : contre ce mouvement social légitime, elle a fait le choix de la répression et de la brutalité !
 
Face a la répression, continuons de nous organiser collectivement comme celà l'a été sur ce mouvement ! A travers des formations antirep' (qui continue d'être dispensées), par des caisses de solidarité autonome, par l'organisation de Base Arrières Juridiques qui permettent de centraliser les informations et d'assurer un suivi envers les personnes qui subissent l'appareil répressif ! Pour nourrir la lutte ! 

 
SOURCE : 
    MERCI à https://attrap.fr pour l'outil de recherche des arrêtés préfectoraux ! Et a http://tvnetcitoyenne.com/ pour certaines images !


Publié le : 10 janvier 2026 21:26
SOLARE 73