
Point d'étape sur la répression du mouvement des lycéen.nes (et quelques conseils antirep)
Depuis maintenant 3 semaines en France et 2 semaines à Chambéry, les lycéen·nes réalisent une démonstration de force et de détermination avec des blocages et manifestations. Sur Chambéry, depuis le 29 septembre, les jours de blocages de lycées se succèdent et déjà deux manifestations ont eu lieu. Comme partout en France, le mouvement n'échappe pas à la répression. Vendredi encore lors d'une mobilisation du lycée Vaugelas, 4 lycéens ont été interpelés et 2 ont été poursuivis dans Chambéry avant cela. Point d'étape sur la répression à laquelle le mouvement lycéen chambérien a du faire face.
Arrêtés contre les équipements de protection
Comme lors du mouvement du 10 septembre l'an dernier, des arrêtés préfectoraux successifs couvrent tous les jours depuis le 29/10 et interdisent sous peine d'amende le port d'équipements de protection des manifestant·es, l'usage, la possession et le transport d'artifices et le port et transport sans motif "légitime" d'armes par destinations (arretés publiés les 29/09 [1], 04/10 [2] et 07/10 [3]). Pour l'instant, l'arrêté actuel se termine le 12/10 à 10h. Il y a fort à parier que de nouveaux arretés seront alors émis suivant la logique actuelle.
Pour rappel, selon Amnesty International, le fait d'interdire l'usage d'équipement comme des lunettes de protection ou du sérum physiologique est contraire au droit international [4].
Ces arretés permettent à la préfecture d'avoir une justification légale pour les contrôles, prises d'identités et arrestations et permettent d'affaiblir le mouvement en distribuant des amendes.
Conseil face aux amendes : Il est toujours préférable de ne pas payer une amende sur place mais de la payer en la recevant plus tard. Ca ne coûte pas plus cher et cela laisse le temps de déceler de potentielles amendes non réglementaires.
Interpellations, fouilles et contrôles d'identités
Les forces de l'ordre ont depuis le début du mouvement eu massivement recours aux fouilles, contrôles d'identité et interpellations.
Ainsi, depuis le 29 septembre à Chambéry, on compte au moins une vingtaines d'interpellations parmis lesquelles une majorité (14 au moins) ont donné lieu à des gardes à vue de mineurs. A Monge, des interpellations ont été faites avec la complicité du principal qui laissait l'exfiltration des lycéen·nes se faire par l'intérieur du lycée pour que les forces de l'ordre puissent éviter de traverser le blocage. Dans au moins 4 cas, les interpellations ont été réalisées à l'issue de course poursuite dans la ville, les policiers traquant les jeunes.
Par ailleurs, de très nombreuses fouilles et contrôles d'identité ont été opérées, parfois de manière systématique à l'entrée des blocages ou manifestation. A Monge, on a pu voir les force de l'ordre entrer dans la foule et ouvrir tous les sacs par derrière sans prévenir.
Plusieurs amendes ont été distribuées à Chambéry et ailleurs en Savoie. Des intimidations, attitudes et propos racistes ont pu être constatées de la part des forces de l'ordre à Saint Jean de Maurienne notamment. Là bas, les gendarmes se sont également déplacés aux domiciles de lycéen·nes pour mettre la pression à leurs parents et elleux.
Gardes à vue de mineurs
9 lycéens au moins ont passé une nuit au poste depuis le début du mouvement. Ces gardes à vue ont pour certaines abouti à des convocations futures et à des contrôles judiciaires très resserés d'ici là incluant couvre feu ou interdiction de manifestation.
Conseil face aux gardes à vue : Pour les mineur·es, la visite du médecin est obligatoire. Les auditions se passent en présence d'un·e avocat·e, il est possible de (faire) prévenir un·e proche. Et il est toujours préférable de garder le silence (répondre "je n'ai rien à déclarer" aux questions de la police).
Violences physiques et utilisation massives des armes de la police
En plus des interpellations violentes, des violences de la part des forces de l'ordre pour tenter de débloquer ou d'empêcher les blocages ont été observées. Devant Monge, une lycéenne a été violemment jetée au sol, devant Vaugelas un lycéen a été étranglé, des étudiant·es ont été violemment bousculé·es lorsqu'iels ont bloqué la présidence de l'USMB.
Durant les blocages et manifestations, les forces de l'ordre ont massivement utilisé des grenades lacrymogènes, ainsi que quelques LBD. Mardi 6 octobre, une lycéenne a fait un malaise suite à un gazage intensif [5]. En France, de nombreux cas similaires ont pu être constatés ces derniers jours (convulsions, malaises...). Le danger des gaz lacrymogènes est en effet plus important chez les enfants (taille des voies respiratoires...). Pour rappel, cette arme chimique est interdite sur les terrains de guerre par la convention internationale sur les armes chimiques entrée en application en 1997. [6]
Conseil face aux gaz lacrymogène :
- Ne surtout pas utiliser de ventoline avant d'être sûr·e de ne plus être exposé·e aux gaz, elle ouvre les bronches et rend les gazages suivants plus durs [7]
- Venir sans maquillage (il fixe le gaz), ni lentilles
- Essayer de rester calme et de calmer sa respiration
- Appliquer du serum phy dans les yeux en grand jet de l'intérieur vers l'extérieur (tête sur le côté)
- Nettoyer son visage de l'intérieur vers l'exterieur avec des lingettes
- Se moucher, cracher et vomir si besoin
- Prendre une douche dès que possible pour enlever les résidus sur la peau qui irritent
Comme partout en France, la police se radicalise dans son action pour réprimer le mouvement en cours et l'empêcher de grandir. Face à cette répression grandissante, informons-nous, formons-nous, soutenons-nous et organisons-nous.
SOURCE :
[7] https://medicaction.org/wiki/gerer-les-lacrymos/https://medicaction.org/wiki/gerer-les-lacrymos/
Publié le : 12 octobre 2026 13:07
SOLARE 73

