
Débat sur la reconnaissance faciale organisé par amnesty Chambéry
Résumé du débat sur la reconnaissance faciale suite a la projection du documentaire "Tous surveillés, 7 milliards de suspects"...à ciné malraux le 13 février
Suite à la projection du documentaire tous surveillés 7 milliards de suspects, Guillaume Gormand, chercheur associé à Science Po Grenoble et Serge Slama, professeur de droit public à l'université de Grenkble, ont répondu aux questions du public portant sur la videosurveillance, la surveillance algorithmique et la reconnaissance faciale. La soirée etait organisée par le groupe amnesty de Chambéry.
La faible efficacité de la vidéosurveillance.
« C’est comme un marteau » explique Guillaume Gormand qui a mené une des rares études française sur l’efficacité de la vidéosurveillance, « c’est très bien pour planter un clou, mais on ne peut pas lui en demander plus ». Il ressort de ses travaux que la vidéosurveillance est efficace pour
repérer une voiture garée à un endroit dangereux, peut apporter une aide, à condition d’y mettre les moyens, dans les enquêtes d’envergure mais est d’une faible efficacité dans la résolutions de faits relevant de la délinquance du quotidien (violence, cambriolage, infraction à la législation sur les stupéfiants…) Ainsi, sur 1 939 enquêtes menées dans la région de Grenoble entre 2017 et 2020, 22 seulement à avoir été élucidées ont pu bénéficier d’éléments tirés de l’exploitation d’enregistrements de vidéoprotection publique, soit 1,13 % du total. Il ne faut pas, non plus compter sur la vidéosurveillance pour prévenir la délinquance ou le terrorisme : « Aucune étude ne montre d’effet positif dans ce sens ».
Une protection perfectible de la vie privée
« L’Europe dispose de la meilleure protection de la vie privée au monde » explique Serge Slama. Deux textes ont été Adoptés dans ce sens : le Règlement Général sur la Protection des Données RGPD), qui protège la vie privée des individus en réglementant la collecte de leurs données personnelles et la toute récente législation sur l’Intelligence Artificielle qui va à l’encontre de la dérégulation mondiale.
« Ces textes ont le mérite d’exister, mais ils sont perfectibles et leur application laisse à désirer» explique serge Slama. Ainsi de nombreuses caméras filment en toute illégalité des portes d’immeubles et des logiciels de reconnaissances faciales, dont l’utilisation est pourtant interdite en
France, ont été acquis par les forces de l’ordre ou des mairies. Les deux intervenants sont tombés
d’accord pour considérer la régulation du système comme insuffisante. Elle risque, de plus, d’être
fragilisée puisque des voix s’élèvent aujourd’hui en France pour légaliser la reconnaissance faciale.
Continuer à interdire la reconnaissance faciale
Pour conclure au nom du groupe de Chambéry d’Amnesty International Gilles Renouard a rappelé
l’opposition de cette ONG à la reconnaissance faciale : elle porte atteinte à la vie privée et limite
le droit de manifestation et donc d’expression. Amnesty International propose de signer une pétition dans laquelle elle demande le maintien de l’interdiction de cette technologie en France et dans l’Union Européenne.
Publié le : 18 février 2025 17:35
Amnesty International Chambéry